Pornoculture

Voyage au bout de la chair

Couverture d’ouvrage : Pornoculture

Selfies coquins, vitrines électroniques, lingerie érotique, gifs pornos, love dolls : dissolu et fastueux, cru et surexposé, le porno triomphe et prolifère partout, des mailles du réseau aux contextes urbains, des écrans médiatiques aux interstices du quotidien ; il envahit les trames de la vie publique, surchauffe les connexions électroniques et imprègne d’humeurs la socialité contemporaine. Il se fait ambiance. Quelles sont les origines et la généalogie de cette scène convulsée ? Quels sont ses effets ? Ce livre a pour visée d’appréhender — dans le va-et vient entre ses surfaces les plus voyantes et ses fondements les plus insondables, dans la continuité mais surtout dans l’écart entre hier et aujourd’hui — le sens, plutôt que de la pornographie, de ce que les auteurs suggèrent de définir comme la « pornoculture » contemporaine, au sens où l’on n’a plus affaire à un secteur de niche de l’offre médiatique, mais à un axe symbolique, un paradigme esthétique, une sensibilité diffuse de notre temps et du contexte occidental.

Parution :
Maison d’édition : éditions Liber
Éditeurs :
Artistes de couverture :
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Extrait :

Pornoculture
Table des matières :

Avant-propos 9
Chapitre 1

Généalogies 15
La Renaissance, la Réforme et le virage baroque 15
Au-delà de l'humanisme 24
Les cicatrices, le pornoérotisme et la résurrection obscène 30
Du Spoutnik à la télévision : excursus médiologique 37

Chapitre 2
Le divertissement radical 45
Les love dolls 45
Jouir entre les pieds 52
Autour d'Histoire de l'oeil et des poupées de Bellmer 54
Le médium photographique, charnière entre fétichisme et performance body art 61
Le jardin des supplices ou The Torture Garden 68

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Chapitre 3
Augmented libido 75
Pornhorror, l'image est l'horreur 75
La via crucis du fétichisme 82
La religion et la mise en scène du porno : nonnesploitation 89
Autour du gore et des parodies 91
Fatwa contre le porno 94
Le porno en-dehors du porno : le festival 96
Technopornographie : porn you 99
Hétérologie des règles : le cycle numérique d'une pornographie 108
Gif porno et encadrements baroques : la mise en abyme de la chair 114

Chapitre 4
L'obscénité intégrale 121
Le pornoérotisme, les réseaux et le quotidien 121
La chair et le verbe 127
La pornoculture s'est faite espace 134
La pornoculture s'est faite temps 136
L'obscène et le vrai 141
Défaillir 146

Bibliographie 151

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Deux émissions de radio à écouter.

La première est une émission de la Radio Télévision Suisse avec comme invité Vincenzo Susca (26 min) et la seconde est une chronique de 3 minute par Géraldine Mosna-Savoye sur France Culture

 


 Tribu, 27.06.2017, 11h04 invité Vincenzo Susca

Pornoculture


Deux minutes papillon par Géraldine Mosna-Savoye, 21.06.2017 

"Pornoculture. Voyage au bout de la chair" de Claudia Attimonelli et Vincenzo Susca

Une fois n’est pas coutume, et même si le sujet n’est pas du tout absent de l’air du temps, au contraire, comme on va le voir, voici un ouvrage sur la pornographie. Enfin, plus précisément un ouvrage sur la « pornoculture ».

« Pornoculture », c’est bien le titre de cet ouvrage. Et il faut s’arrêter sur ce terme, car il dit bien ce mélange, cet englobement, en une culture, des images érotiques, des mœurs lubriques et autres gestes coquins… Mais il dit bien aussi la difficulté à parler du porno. Car, d’emblée, on peut être fatigué de ce sujet, parce que l’on s’attend, encore une fois, à une sorte de fascination pour un genre de provocation facile de la morale et de critique du bon goût, ou, encore une fois aussi, à un cri d’alerte sur la banalisation d’une telle culture…

Mais pas du tout, ni l’un ni l’autre : ce qui intéressent les auteurs, Claudia Attimonelli et Vincenzo Susca, c’est justement comment le porno est devenu culture, comment l’obscène est entré dans la scène quotidienne.

Comment l’obscène a-t-il donc pu entrer en scène ? Et comment saisir cet obscène qui n’est plus seulement aujourd’hui mis en scène, séparé et transgressif, mais qui se dissémine, s’infiltre, contamine tout ? Sur ce point, Videodrome, le film de David Cronenberg, qui est analysé dans cet ouvrage, mêle parfaitement écran et sexe, mais surtout il révèle ce paradoxe du porno : plus il est montré, plus il est obscène, c’est-à-dire hors de la scène, et du coup, ce paradoxe de la chair : plus elle est explorée, moins elle est touchée. Et les poupées plastiques et émoticônes en tout genre en témoignent : rien de moins expressifs que ces objets, rien de moins charnel… et pourtant, et c’est bien la question : comment comprendre qu’ils nous touchent autant ?