Great american nude N° 92
Le poème du mardi

L’épouse infidèle de Gilbert Lely

Great american nude N° 92

Gentille dame, que je meure,
Si depuis la Saint-Jean d’été,
Tu ne soupires dix fois l’heure ;
Je fais de même, en vérité.

Tu rougis ? Amour nous rassemble.
N’approuves-tu pas son dessein ?
Comme tu t’effrayes et trembles !
Laisse-moi dénuder tes seins.

Ébloui, je vois et je touche.
Pandora ! Torse idolâtré,
Ô seins comme un Éden farouche,
Ostentatoires du sang délivré !

Maintenant, plus bas, dans ta louve ;
Elle s’avive sous mes doigts.
Toi-même, nymphe, tu me trouves,
Tu t’agenouilles devant moi.Bedroom Prick

Ô Dieux ! Sa bouche fellatrice,
Étui de mon ravissement !
Langue, traceuse d’une hélice …
Ah ! Je jouis, astres déments !

De noble écume constellée,
Ivre d’un rubis aussi gros,
Ta noire gerbe dévoilée,
Tu te renverses sur le dos.

Un tournoi d’archanges s’annonce !
Je frémis, mon glaive se tend.
Dans la toison où je m’enfonce,
Le fracas muet du printemps.

Je suis le prince de ta fente !
C’est beau de t’entendre gémir.
Mets ta main, il faut que tu sentes
Cette force entrer et sortir.

Je t’aiguillonne, je te fouille,
Tes jambes ceinturent mes flancs,
Tu jouis sans répit, tu mouilles,
Tu me proclames ton ruffian.

Sur une jument alezane,
Trente courses jusqu’au matin !
Je te déprave ! Tu me damnes !
Je t’adore, belle catin !Great american nude N° 99

Soit que je pâme entre tes cuisses,
Soit que j’inonde tes seins nus,
J’éprouve toutes les délices
D’Anchise au giron de Vénus.

L’ivresse où ton ardeur m’invite
Chez les mortels n’a point de nom :
Si tu baises comme Aphrodite,
Ah ! Tu suces comme Junon !

Je veux goûter leur ambroisie :
Fais que je boive à ton delta,
Comme Troïlus de Phrygie
Au sexe en fleur de Cressida.

Ruisselante, tu me renverses,
Tu chevauches sur mon épieu ;
Jusqu’au diaphragme il te transperce :
J’en vois le tison dans tes yeux.

Lucifer, exalte mon rêve !
Vase ultime de mes exploits,
Que cette croupe se soulève
Et m’offre un chemin plus étroit !

Tu te retournes, ma sirène.
Je me déchaîne sur tes reins ;
Ton dos est comme une carène
Que presse un nageur sous-marin.

– Du désir fameuse pirate,
Sodomie, orgueil des Enfers,
Sur mon front ta main écarlate
Pose une couronne de fer.

Souveraine de ce cantique,
Ton cri parachève l’amour
De ma maîtresse archimagique,
Azur et glèbe tour à tour.

 

 L’épouse infidèle (1966) – extrait de Gilbert Lely

 

Ce poème vous est présenté par :
Cyr et le site « Poesie erotique et autres amusement« .
Vous pourrez y lire d’autre poème de Gilbert Lely
http://www.poesie-erotique.net/GilbertLely.html

Gilbert Lely, né à Neuilly-sur-Seine le 19 mars 1904 et mort à Paris le 4 juin 1985, est un poète français. (plus d’infos: http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Lely )

Tom Wesselmann, né le 23 février 1931 à Cincinnati (Ohio) et mort le 17 décembre 2004 à New York des suites d’une opération cardiaque, est un peintre américain, et avec Roy Lichtenstein et Andy Warhol, l’un des représentants les plus connus du mouvement américain du Pop Art. (src http://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Wesselmann)

 

 


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